Archive pour la Catégorie 'Ecole'

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Pas d’école : on fait quoi ?

Dans une dizaine de jours, l’école reprend (yes, déjà deux mois de passés …). Avant de venir, je me demandais un peu comment on allait gérer cette phase. Quand on n’a pas de famille sur place, peu de vacances, et des filles pleines d’énergie qu’on juge encore un peu trop jeunes pour rester seules toute la journée à la maison, qu’on n’a pas eu envie de les mettre dans l’avion destination la France, que fait-on de ses enfants ?

Et bien dans notre cas, elles ont testé deux formules, qu’elles ont beaucoup aimé l’une comme l’autre.

La première : des camps de jour, ce que j’appelais il y a quelque mois des centres de loisirs. Organisés par les municipalités ou par des organismes (comme chez nous, ici, le Patro, un centre communautaire), ils sont animés par des jeunes ayant terminé le secondaire (ils ont donc 16 ans et plus) et ayant suivi une petite formation type BAFA; sous la direction de personnes plus expérimentées bien sûr.  Chacun s’occupe d’un groupe de 10-12 personnes.

Les journées sont structurées autour de mille activités, et ça n’arrête pas: des activités sportives, des chants, des jeux, des jeux d’eau, sorties piscine, des bricolages … Et toujours cette valorisation des enfants, avec des diplômes mettant en avant tel ou tel point fort de l’enfant. Et un mot personnalisé pour chaque enfant, écrit à la main, soulignant l’incroyable chance qu’a eu l’animatrice/teur du groupe à connaitre cette admirable personne qu’est votre enfant !

Le camp de jour, comme le dit bien son nom, a lieu de 9H00 à 15H30. Mais avant et après, dans les mêmes locaux, pour ceux qui en ont besoin, il y a des services de garde tout aussi dynamiques.

Bref, une belle organisation.

Deuxième option : le camp de vacances, on appelait ça les colonies de vacances, autrefois. Le plus branchés disent à présent les summer camps … L’idée est la même : vous inscrivez vos enfants pour une à deux semaines de camp de vacances, et vous ne les voyez pas pendant toute cette période !

Les filles ont ainsi passé deux semaines intenses au camp du Lac Trois Saumons, près d’un lac de montagne, dans la verte. Kayak, optimiste, escalade, accro-branche (on parle plutôt d’hébertisme, ici), expéditions, la liste des activités seraient trop longue à énumérer. Bivouac autour d’un feu de camp avec l’infatigable guitare et les incontournables guimauves. et des chants en veux-tu en voilà pour souder les groupes et diffuser de la bonne humeur ! La vie en dortoir (8 à 10) crée des ambiances et des complicités nouvelles, l’absence des parents pour démêler les cheveux, rincer le shampoing ou que sais-je encore augmente la maturité et le sentiment de grandir. Du bonheur à l’état pur, quoi.

En clair, les jours d’été se sont écoulés à une vitesse grand V !
 

Talents

La fin de l’année scolaire approche à grands pas : 23 juin, clap de fin, un peu plus tôt que ce qu’on connaissait en France. La fête de fin d’année s’organise donc, mais en pleine semaine (un mardi), sur les heures d’école, et si les parents sont invités à passer, ça reste avant tout une fête interne à l’école : pas de stand buvette, pas de pèche à la ligne. Bref, c’est la fête, mais sans grand lien avec la traditionnelle kermesse qui anime les cours d’écoles française à la fin du mois de juin, sinon que la cour se parera de jeux de gonflables, et qu’une série de jeux et de tournois sportifs amicaux seront organisés par classes.

Au passage, je ne peux m’empêcher d’aimer une initiative directement inspirée d’un jeu télévisé (je crois … n’ayant pas encore racheté de télé !), qui aurait probablement son petit succès en France et ailleurs.

ça s’appelle « Des talents à revendre ». Les auditions ont eu lieu cette semaine, sur l’heure de midi, devant un jury de professeurs.

Chaque enfant était libre de s’inscrire ou pas, le but étant de présenter un talent dont il est fier : chanter comme Keisha, danser comme Justin Bieber, déclamer un poème de sa composition, faire une démo d’arts martiaux, dessiner un manga, imiter je ne-sais-qui, n’importe quoi pourvu que ce soit personnel et source de fierté. Seul ou en duo avec la copine/le copain, selon le talent à démontrer.

Les gagnants auront leur heure de gloire durant la fête de l’école, puisqu’ils présenteront leur talent devant toute l’école! Timides s’abstenir, bien sur, mais je trouve ça cool. Pas vous ?
 

Bonne fête !

Coup sur coup, les filles ont fêté leur anniversaire, elles se demandaient si l’évènement allait être souligné d’une quelconque manière à l’école : et bien oui !

Pour la plus jeune, congé de devoir et un livre « spécial 8 ans » prêté par la maitresse avec le cérémonial qui s’impose, ramené dans un beau petit sac de fête. Et bien sur un tonitruant « bonne fête » de rigueur entonné par toute la classe.

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Pour l’ainée, une carte d’anniversaire signée par tous les élèves et maitresse (carte réalisée par un élève de la classe :  en début d’année, chacun a dessiné une carte d’anniversaire, et le jour J, tu tires au sort – tu pognes- une carte au hasard parmi toutes les cartes, ce sera TA carte), un signet et un crayon « bonne fête » offert par la maitresse. Sans oublier le tonitruant « bonne fête » bien sur !

Pas de bonbon, non non non !

Jogging

Le calcul mental occupe une place bien plus importante qu’en France dans les programmes scolaires de primaire. Les élèves pratiquent ainsi intensément les « joggings mathématiques ».

Il s’agit tout simplement de batteries d’opérations à faire en un temps serré et chronométré. En seconde (CE1), ce sera par exemple des séries de 10 additions ou/et soustractions à faire en moins de 6 secondes. En 5ème (CM2), 50 divisions et/ou multiplication à réaliser en moins de 3 minutes, et jusqu’à 100 opérations à faire en moins de 6 minutes.

Dans la première école des filles, plus dur encore : quand tu avais réalisé 3 planches sans aucune erreur, le niveau d’exigence montait d’un cran à chaque fois.

L’habilité en calcul mental étant affaire d’entrainement, ça semble plutôt bien fonctionner.

Les méritants

Ah ces professeurs d’école primaire, ils sont trop forts pour valoriser nos chères têtes blondes …

J’ai ainsi découvert que dans l’école de mes filles, aujourd’hui comme chaque trimestre, tous les élèves ont été réunis pour distribuer des diplômes aux meilleurs de chaque classe, avec applaudissements et félicitations et tout et tout.

Le principe est simple : les « méritants » sont sélectionnés au sein de chaque classe, et se répartissent en trois catégories : l’élève ayant démontré la plus belle personnalité (agréable, aidant les autres, etc); celui ayant le meilleur bulletin scolaire du trimestre; enfin, celui ayant la plus belle progression au niveau des notes (cette fois-ci, une élève a même gagné deux diplômes, ça a dû être la fête à la maison ce soir !).

Et ça semble fonctionner, chacun, dans le même temps, craint d’être cité devant tout le monde et rêve tout à la fois d’avoir son heure de gloire et ses efforts reconnus. Et se promet d’être l’heureux élu du prochain trimestre !

 

Tutorat

Voilà encore une initiative que je trouve intéressante dans l’école primaire des filles, pour le principe de solidarité et de responsabilisation plus que pour l’efficacité réelle, finalement. Il semble que ce soit une méthode nord-américaine née dans les années 60 avec l’augmentation du nombre d’enfants issus de l’immigration.

Une fois par semaine, donc, les élèves de 5ème année (l’équivalent du CM2 français) viennent passer 15 minutes dans les classes de 2ème année (l’équivalent du CE1). Chaque grand est tuteur d’un petit ayant besoin d’un soutien en lecture, les duos ayant été préalablement constitués par l’orthopédagogue (chaque école ayant accès à cette spécialiste des enfants en difficulté d’apprentissage et/ou d’intégration) et les professeurs.

Double objectif : responsabiliser les grands, qui ont été formés (sommairement mais avec tout le sérieux requis !) pour cette tâche, et dans le même favoriser l’apprentissage de la lecture chez les petits, et notamment l’aspect compréhension.

Le jour J, le grand se rend dans la classe de son tutoré, et dispose d’un temps chronométré pour faire lire un court texte au petit qu’il a en tutotat, puis charge à lui d’improviser des questions pour vérifier qu’il a bien compris : qui est le héros, où va-t-il, etc. (Pendant ce temps, ceux qui n’ont pas besoin de tutorat lisent en silence).

Sensibles aux difficultés du petit, à ses progrès aussi, ces tuteurs en herbe apportent une aide sinon efficace (quoique), du moins différente à ces tutorés fiers de nouer des liens avec « un grand ».

Collation santé

Une chose est sure, tout Nord-américains qu’ils sont, les Québécois ne veulent pas être pris la main dans le sac de chips (ou croustilles, dont l’importance des rayons dans les magasins montre que ce n’est pas chose facile).

Les écoles veillent au grain, et pas qu’à moitié. Les parents sont sans cesse invités à donner des goûters (collations, ici) « santé » à leurs enfants, et comme souvent, on nous donne régulièrement des listes de suggestions, à étudier avec ses enfants. Fruits frais ou compotes, légumes à croquer sans ou avec « trempette », ou encore produits laitiers sont les seuls aliments admis dans l’enceinte de la cour, sauf autorisation exceptionnelle.

Les encadrants et personnel du service de garde veillent au grain, et toute grignoterie -sucrerie, gâteaux, etc- est impitoyablement confisquée.

Evidemment, pas de distributeurs de snacks et bonbons dans l’enceinte de l’école.

C’est clair, l’école primaire québécoise fait ce qu’elle peut pour limiter l’obésité infantile, et honnêtement, ça marche, on n’a pas vu à ce jour d’enfants sumo. Ouf !

Reste à voir ce qu’il en est du secondaire … On vivra cela de l’intérieur dans deux ans !

 

Relâche !

Alors que les copains/copines et cousins/cousines de France en sont déjà à leur quatrième période de vacances, dont certaines de 15 jours, les écoliers québécois vont connaître la semaine prochaine leur deuxième période de vacances.

Une semaine « de relâche » qui sera la bienvenue même si la fatigue n’est pas « si pire », contrairement à ce que je craignais. Probablement parce que l’ensoleillement a été au top cette année. Si on sortait de 3 semaines de tempête de neige comme en 2008, la fatigue serait surement plus forte.

Relâche, donc, et pas que pour les écoliers. La plupart des parents vont prendre eux aussi des jours de congés, et les plus aisés d’entre eux vont décoller vers « le sud » : Mexique, Cuba, Porto Rico, Floride… En France, à cette période de l’année, on fonce massivement vers les stations de ski, ici, si le porte-monnaie le permet bien sur, c’est le soleil qui attire les foules ! On entend parler que de ça dans les conversations en ce moment !

Pour ceux qui, comme nous, ne peuvent pas encore prendre de vacances (gloups), les services de garde ont concocté des programmes -heureusement!- sympathiques, avec piscine, bowling (« quilles »), cinéma et j’en passe. Reste qu’il a fallu s’organiser, car dans l’école des filles, trop peu d’enfants ont sollicité le service de garde pendant la relâche (moins de 35 élèves, seuil critique, sur les 400 élèves de l’école). Résultat: pas de garde, tout est fermé ! Quelques coups de téléphone plus tard, ouf! Entre centres communautaires et autres écoles, on a eu l’embarras du choix.

Pendant qu’elles seront chouchoutées par leur service de garde, les autres auront l’embarras du choix. Tous les musées, parcs, stations, restaurants, etc, affichent des forfaits et programmes spécial relâche. A l’évidence, la semaine de relâche va faire tourner l’économie québécoise, je vous le dis !

 

Bons sentiments

Dans la série « encourageons le bon chez nos enfants », vous en voulez encore ? Alors voici un nouvel épisode, a priori un effet secondaire de la Saint-Valentin :

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L’idée est simple, mais les gamins (10-11 ans ici) ont l’air d’accrocher. La maîtresse laisse à la disposition des enfants des petits morceaux de papier « tu mérites un compliment », qu’elle même utilise de temps à autre.

Le principe, c’est de ne pas hésiter à féliciter un camarade, à lui dire qu’il est beau, cool (« full cool » !), qu’on l’aime pour ci, pour ça, le tout via ces petits papiers jaunes qu’on plie en deux et qu’on cache dans la trousse ou l’agenda du copain pendant la récréation. Attention, que du positif, que du bon sentiment, pas le droit de tricher et d’y glisser quelques injures bien senties !

Bon , j’imagine qu’à ce jeu-là, certains ont un « j’t'aime book » plus épais que d’autres, et le tout manque probablement un peu de spontanéité, mais peut-être que ça les rassurent, que ça leur fait du bien ?

Encouragement toujours

Voilà un moment que je n’ai pas commenté cette incroyable habitude des Québécois à encourager encore et toujours les enfants. Probablement parce que l’effet de surprise s’émousse avec le temps, car les exemples ne manquent pas.

Nouvelle preuve d’un mode d’éducation que je ne connaissais pas : dans la classe de ma plus jeune, qui est en deuxième année (7-8 ans), chaque enfant juge en son âme et conscience son comportement du jour. Puis s’attribue zéro, un ou trois coeurs qu’il dessine sur une page quadrillée. Quand la page est pleine de coeurs (il faut deux mois à peu près pour remplir cette feuille avec un comportement exemplaire), le professeur donne à l’enfant un « privilège », qu’il se choisit lui-même avec l’appui bien veillant du prof. (Les choses se corsent ensuite et deviennent moins facile, un bon comportement ne vaut plus qu’un coeur, il faut donc plus de temps pour obtenir un nouveau privilège, so bad !).

Et c’est ainsi que ma fille et une camarade de classe, toutes deux privilégiées du jour, ont fait des dessins avec une fierté non dissimulée pendant que le reste de la classe faisait … une dictée ! Elles avaient purement et simplement demandé à être exemptées de dictée, ce qui fut accepté avec un petit discours les félicitant pour l’une et l’autre pour leur comportement de championne ! Incroyable …

Le jour-même où elle me racontait ça, les bouteilles de lait se paraient d’une nouvelle pub, totalement en ligne avec cette stratégie …

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