Québec libre

Avec l’arrivée au pouvoir du Parti Québécois, des journaux étrangers, français entre autres, ont un peu rapidement annoncé l’arrivée d’une équipe indépendantiste. Pourtant, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et rien à voir non plus avec les partis indépendantistes corses, basques ou catalans, pour ne citer qu’eux, dont les actions musclées et souvent sanglantes hantent pas mal de mémoires.

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Mario Polèse - Éditions Voix Parallèles

Un livre lu récemment me parait résumer assez bien la situation, du moins telle que je la perçois: « Serions-nous plus libres au lendemain d’un oui » de Mario Polèse, Éditions Les Voix Parallèles.

Oui, l’idée d’un Québec souverain fait partie de l’imaginaire québécois, et la volonté de tout mettre en œuvre pour que vive la langue française est toujours bien vivante chez une grande majorité de Québécois. Mais les sondages réguliers sur la question de la souveraineté du Québec (un indice parmi d’autres que le thème reste bien présent, sinon d’actualité) montrent qu’environ deux tiers des Québécois considèrent que le fédéralisme comporte désormais plus d’avantages que de désavantages et ils sont encore plus nombreux à penser que le débat sur la souveraineté est dépassé.

En fait, selon Mario Polèse, ex-souverainiste, le problème tient au fait que les objectifs initiaux de l’indépendance du Québec, on ne peut plus légitimes dans les années 60 et auparavant, ont été atteints dans le cadre fédéral actuel: les canadiens francophones ne sont plus une minorités à la solde des anglophones, et le sentiment d’infériorité a disparu. La langue française ne se porte pas si mal, et rien n’indique qu’elle serait plus vivace dans un Québec libre. En effet, les francophones vivant hors du Québec serait alors totalement abandonnés à leur sort, les anglophones ne choisiraient plus aussi massivement le français comme seconde langue et les hauts fonctionnaires seraient tout à fait débarrassés de l’obligation de maitriser les deux langues.

Outre ce qu’apportera réellement la souveraineté, l’auteur aborde également largement ce qui lui semble manquer dans les débats: la forme que prendra concrètement cette indépendance, à l’heure où, le oui l’ayant emporté, il faudrait négocier toutes les ententes avec le Canada. Car qui dit circulation des personnes et des biens dit superstructure à l’Européenne, donc lourde. Sans parler du partage de la dette, des nombreuses négos sectorielles, du devenir des fonctionnaires fédéraux issus du Québec, etc, et de toutes ces obligations qui seront à respecter pour maintenir les libertés actuelles des Québécois. Les autochtones devenant alors libres et demander à leur tour leur indépendance, le Québec serait progressivement amputé de larges parts de son territoire.

Bref, on serait en matière de souveraineté dans le royaume des mots magiques, liberté, indépendance. Alors que s’investir pleinement dans le fédéralisme et dans les débats canadiens apporteraient bien plus à la cause québécoise et au développement économique et social des Québécois.

Alors: Québec libre ou pas?

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