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Archive journalière du 20 août 2012

Autochtonie

Si un sujet divise clairement Québécois pure laine et nouveaux arrivants, c’est bien celui des autochtones /indiens / premières nations, peu importe la terminologie qu’on adopte.

Les nouveaux arrivants, dont la connaissance des autochtones s’est forgée presque exclusivement à travers les films américains et quelques romans, ont une vision idéalisée du bon sauvage vivant en harmonie avec la nature avant que la cupidité et la cruauté de l’homme blanc ne déferle sur son paradis (Ah, Danse avec les Loups …). Dès lors, bien que côtoyant peu, voir pas du tout les autochtones (1/parce que bon nombre vivent loin des villes où le nouvel arrivant s’est, lui, majoritairement installé; 2/ parce qu’ils vivent au maximum en vase clos, persuadés que le monde entier est contre eux et cherchent à leur faire perdre leur identité), il se sent naturellement prêt à tout pour défendre les intérêts autochtones dans une conversation sur le sujet.

Les Québécois, qui méconnaissent presque autant l’histoire autochtone factuelle, estiment avoir été tout aussi opprimés. Ayant, eux, dépassé le ressentiment (quoique) et s’être donné beaucoup de mal pour s’intégrer dans la nouvelle donne, ils haïssent le côté pleurnichard et revendicatif des autochtones, et les droits qui leur sont accordés; d’autres estiment être les vainqueurs, et n’avoir à ce titre pas de compte à rendre indéfiniment aux indiens, qu’ils étaient là avant ou pas. Dans les deux cas de figure, ils voient globalement les autochtones comme des paresseux vivant de l’aide sociale, au comportement détestable: alcooliques, violents avec les femmes, etc. Et mal venus pour venir s’interposer dans leurs projets de développement économique.

Un sujet chaud, donc, que vient éclairer de manière magistrale ce livre tout récemment sorti: les autochtones ne sont pas des pandas, de Réjean Morissete, aux Éditions Hutubise, collection Cahiers du Québec.

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Les autochtones ne sont pas des pandas

Où l’on apprend que le Québec, à la différence de la Colombie Britannique ou des États-Unis, ne comprenait aucune communauté autochtone avant l’arrivée des Européens. Trop froid, trop rude, rendu dangereux par les attaques fréquentes des Mohawks, le Québec n’était parcouru que de manière transitoire et parcellaire (autour des embouchures de rivières) par des familles nomades. Lesquelles figuraient parmi les peuples les plus démunis de la planète, avec une espérance de vie de 40 ans (pour le paradis terrestre, on repassera, donc).

L’arrivée des Européens au Québec n’a ainsi pas provoqué l’évincement brutal des autochtones comme ce fut le cas aux É-U : d’un côté pas ou peu d’autochtones, de l’autre pas d’agriculture intensive nécessitant une extension rapide des terres cultivables. C’est le commerce de la fourrure, et l’opportunité d’améliorer leur sort qui va attirer les autochtones au Québec et les fixer sur le territoire canadien français. Puis le fait d’être chassé des plaines de l’ouest des E-U puis des Cantons de l’Est par les loyalistes (et même, pour les Hurons, c’est une porte de sortie que leur offre la colonie française après qu’ils aient été quasi-exterminés par les Mohawks).

Bref, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a eu trois peuples fondateurs, le tout sur une période de 500 ans, avec un vainqueur et deux vaincus exclus tout deux de la gouvernance pendant de longues décennies.

Je vous laisse lire ce livre pour comprendre comment, dans les années 50, les francophones se sont soudains bougés le derrière et insérés dans l’économie moderne et le processus démocratique, alors que les autochtones, toujours isolés socialement et économiquement, se sont lancés dans une stratégie de confrontation et de revendication juridique en s’inventant un passé glorieux.

Je vous laisse encore faire le point sur les politiques autochtones passées (entièrement gérés par le fédéral sans que les Québécois ne s’en soucient un seul instant) et actuelles (tension extrême, relations totalement détériorées, méfiance généralisée – génial), sur les tensions inter-nations autochtones (trois gagnantes qui accaparent 80% des ressources), sur le ressentiment général des uns vis à vis des autres.

Et -ouf, oui!- sur les possibles sorties de crise.

Il existe des livres qu’on n’oublie jamais: en voici un.

 




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