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Archive mensuelle de février 2011

Relâche !

Alors que les copains/copines et cousins/cousines de France en sont déjà à leur quatrième période de vacances, dont certaines de 15 jours, les écoliers québécois vont connaître la semaine prochaine leur deuxième période de vacances.

Une semaine « de relâche » qui sera la bienvenue même si la fatigue n’est pas « si pire », contrairement à ce que je craignais. Probablement parce que l’ensoleillement a été au top cette année. Si on sortait de 3 semaines de tempête de neige comme en 2008, la fatigue serait surement plus forte.

Relâche, donc, et pas que pour les écoliers. La plupart des parents vont prendre eux aussi des jours de congés, et les plus aisés d’entre eux vont décoller vers « le sud » : Mexique, Cuba, Porto Rico, Floride… En France, à cette période de l’année, on fonce massivement vers les stations de ski, ici, si le porte-monnaie le permet bien sur, c’est le soleil qui attire les foules ! On entend parler que de ça dans les conversations en ce moment !

Pour ceux qui, comme nous, ne peuvent pas encore prendre de vacances (gloups), les services de garde ont concocté des programmes -heureusement!- sympathiques, avec piscine, bowling (« quilles »), cinéma et j’en passe. Reste qu’il a fallu s’organiser, car dans l’école des filles, trop peu d’enfants ont sollicité le service de garde pendant la relâche (moins de 35 élèves, seuil critique, sur les 400 élèves de l’école). Résultat: pas de garde, tout est fermé ! Quelques coups de téléphone plus tard, ouf! Entre centres communautaires et autres écoles, on a eu l’embarras du choix.

Pendant qu’elles seront chouchoutées par leur service de garde, les autres auront l’embarras du choix. Tous les musées, parcs, stations, restaurants, etc, affichent des forfaits et programmes spécial relâche. A l’évidence, la semaine de relâche va faire tourner l’économie québécoise, je vous le dis !

 

Bons sentiments

Dans la série « encourageons le bon chez nos enfants », vous en voulez encore ? Alors voici un nouvel épisode, a priori un effet secondaire de la Saint-Valentin :

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L’idée est simple, mais les gamins (10-11 ans ici) ont l’air d’accrocher. La maîtresse laisse à la disposition des enfants des petits morceaux de papier « tu mérites un compliment », qu’elle même utilise de temps à autre.

Le principe, c’est de ne pas hésiter à féliciter un camarade, à lui dire qu’il est beau, cool (« full cool » !), qu’on l’aime pour ci, pour ça, le tout via ces petits papiers jaunes qu’on plie en deux et qu’on cache dans la trousse ou l’agenda du copain pendant la récréation. Attention, que du positif, que du bon sentiment, pas le droit de tricher et d’y glisser quelques injures bien senties !

Bon , j’imagine qu’à ce jeu-là, certains ont un « j’t'aime book » plus épais que d’autres, et le tout manque probablement un peu de spontanéité, mais peut-être que ça les rassurent, que ça leur fait du bien ?

Encouragement toujours

Voilà un moment que je n’ai pas commenté cette incroyable habitude des Québécois à encourager encore et toujours les enfants. Probablement parce que l’effet de surprise s’émousse avec le temps, car les exemples ne manquent pas.

Nouvelle preuve d’un mode d’éducation que je ne connaissais pas : dans la classe de ma plus jeune, qui est en deuxième année (7-8 ans), chaque enfant juge en son âme et conscience son comportement du jour. Puis s’attribue zéro, un ou trois coeurs qu’il dessine sur une page quadrillée. Quand la page est pleine de coeurs (il faut deux mois à peu près pour remplir cette feuille avec un comportement exemplaire), le professeur donne à l’enfant un « privilège », qu’il se choisit lui-même avec l’appui bien veillant du prof. (Les choses se corsent ensuite et deviennent moins facile, un bon comportement ne vaut plus qu’un coeur, il faut donc plus de temps pour obtenir un nouveau privilège, so bad !).

Et c’est ainsi que ma fille et une camarade de classe, toutes deux privilégiées du jour, ont fait des dessins avec une fierté non dissimulée pendant que le reste de la classe faisait … une dictée ! Elles avaient purement et simplement demandé à être exemptées de dictée, ce qui fut accepté avec un petit discours les félicitant pour l’une et l’autre pour leur comportement de championne ! Incroyable …

Le jour-même où elle me racontait ça, les bouteilles de lait se paraient d’une nouvelle pub, totalement en ligne avec cette stratégie …

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Snowboard urbain

Parfois la vie vous fait des surprises incroyables. On avait décidé de ne pas pousser jusqu’à Stoneham, une station au nord de Québec, un peu loin à notre goût, bien que voir les épreuves de ski et snowboards (coupes du monde, s’il vous plaît) qui s’y déroulaient ce week-end constituait au départ une programme alléchant.

On mettait le cap sur Beauport, histoire d’aller voir des kite-skieurs en action, et voilà qu’en plein centre-ville de Québec, à deux pas du vieux Québec, coincé entre un viaduc et des rues commerçantes, on est tombé nez à nez avec toute une bande d’incroyables snowboarders qui se disputaient une coupe du monde (le Snowboard Jambooree, coupe du monde de Big Air).

On s’en est mis plein les yeux, ambiance sympa, avec de super gaufres au sirop d’érable caramélisé (un pur bonheur) et des guimauves chauffées dans les flammes pour se réchauffer un peu quand décidément les – 10° extérieurs devenaient un peu durs à supporter !
Du snowboard en pleine ville, des figures de ouf sur une rampe artificielle impressionnante, c’était géant.

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Le français du Québec

Attention, danger. Je vais évoquer aujourd’hui un sujet chaud, LE sujet qui s’étale sans cesse dans les journaux, LE sujet le plus chatouilleux ici (icitte, j’allais dire !) : la langue française au Québec.

On m’avait parlé de la grammaire hésitante des Québécois : c’est clair que l’attachement à la syntaxe grammaticale est bien moins forte ici. Malgré une certaine gène que je perçois parfois chez des collègues ou des amis pas certains qu’un texte qu’ils viennent d’écrire soit nickel, nul ne s’offusque en fait réellement de truffer ses mails et lettres de fautes qui feraient dresser les cheveux à plus d’un en France. Clair aussi que les pluriels mal accordés et les conjugaisons hasardeuses s’affichent souvent dans les journaux et affiches, voire même les panneaux « en dur ». Bah, pas si grave, je passe juste un peu plus de temps à expliquer et ré-expliquer aux filles les règles pour qu’elles les connaissent et n’aient plus à y réfléchir.

On m’avait aussi parlé des mots anglais qui truffent les conversation : comme en France, pas pire par mieux (mis à part dans certains domaines bien précis : tout ce qui a trait à l’automobile, à la maintenance aussi, dur à suivre pour un non-averti !). On n’a juste pas adopté les mêmes anglicismes, c’est ça qui est rigolo !

Parce que par ailleurs, parler français à des milliers de kilomètres de la France, au beau milieu d’un continent anglophone, ça n’est pas commun, et même si une bonne partie de mon cerveau (le droit, sûrement) aurait aimé un bilinguisme plus évident pour faire de ma tribu -et de moi-même- des champions en langues étrangères, c’est tout de même incroyable de vivre une autre culture dans sa propre langue.

Les journaux et chroniques radios rappellent sans cesse que ce petit miracle est le fruit, comme on le sait, d’une volonté farouche des Québécois pure laine de conserver cette langue vivante depuis plus de 400 ans, menacé par plusieurs vers : attrait de l’anglais que les jeunes trouvent plus cool, comme partout (dans le cadre d’un projet pédagogique avec la formidable association Jeunes Entreprises du Québec, des jeunes devaient trouver un nom en français à l’entreprise qu’ils créent : ils se tournaient automatiquement vers des noms anglophones, qu’ils trouvaient plus vendeurs !); démographie en berne, immigrants allophones n’adoptant souvent le français qu’en façade, etc.

Moi, donc, qui tient plus que je ne le croyais à ma langue, j’aime l’entendre vivante, colorée, parce qu’enrichie de mots et d’expressions nouveaux, souvent bien trouvés. Certains, sans bruits, sans que je m’en rende compte, font désormais partie de notre vocabulaire. Je crois qu’on dit plus souvent « j’ai de la misère à faire ceci » que « j’ai du mal à … », par exemple. Bon, je ne vais pas vous lister notre petit dictionnaire québécois familial, on passe tous un peu par cette phase, sinon par écrit, du moins dans un coin de la tête. Mais sans rire, j’espère que les sages de l’Académie viennent passer régulièrement des vacances au Québec, la langue française de France s’en trouverait très enrichie !

Le français, donc, est vivant et bien vivant au Québec, il n’y a aucune doute là dessus, et ça rend les choses super faciles pour nous. Mon seul regret, pour les Québecois et aussi un peu pour nous, c’est que la défense de la langue ait été et soit encore un tel combat que l’anglais soit, Montréal mis à part, pas mal tenu à l’écart et donc assez mal maitrisé par bon nombre. Mais c’est probablement un mal nécessaire …

 

 

Vive la neige

Les jours passent, et je ne me lasse pas de la neige.

Il faut dire que cette année, elle se fait plus discrète que certaines années, au grand dam des entreprises de déneigement. Et puis c’est vrai que les désagréments en sont grandement limités : dégager le pare-brise au moindre arrêt, glisser dans la sloche (la neige fondue caca pas belle, quoi, qui fait sloche quand on marche dedans), déneiger son pas de porte tous les matins avant de partir au boulot et de plus savoir où la mettre …

Pour l’heure, tu prends un beau ciel bleu comme on a souvent, tu rajoutes un froid bien sec, peu importe qu’il soit de – 5 ou – 30° finalement. Et là, sans rire, je suis la plus heureuse, impossible de conserver la mâchoire crispée ! Ca crisse sous les pas, j’adore; et c’est beau, ces paysages soulignés, ces habitations magnifiées !

Tellement beau que l’envie un peu raplapla de faire un bonhomme de neige se trouve supplantée par des désirs bien plus artistiques, la sculpture sur neige, par exemple. Que tes instincts d’enfants se réactivent à vitesse grand V, et que tu te retrouves bien vite à te jeter dans la poudrerie avec les plus jeunes, et tant pis si pantalon de ski et blousons chauds se retrouvent tout blancs.

Et fini le crachin, la pluie et le brouillard ! Youpi !

 

 

Canot à glace

Dans la catégorie « sport qui dépayse », on avait le hockey, omniprésent, mais j’aime encore mieux le canot à glace !

Voici un bon moment qu’on les voyait s’entrainer sur le Saint-Laurent, entre deux traversiers et un cargo. Pendant le carnaval, toute circulation fluviale s’est arrêtée pendant trois heures, le temps d’une belle compet’, avec 50 équipes, mixtes, ou exclusivement masculines ou féminines se disputant le podium.

Un sport extrême qu’on ne trouve, si j’en crois la presse, qu’au Québec, héritage amérindien qui consiste à traverser le fleuve en jouant avec les courants (qui paraissent violents vus des rives) occasionnés par les marées montantes ou descendantes, le vent et bien sur les blocs de glace.

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Et c’est comme ça qu’on se découvre un nouveau champion : Jean Anderson, capitaine de l’équipe Château Frontenac, qui a gagné cet après-midi pour la 21ème fois !

 

Carnaval d’hiver

Si, comme moi avant ce week end, vous associez le mot « carnaval » au soleil, aux maillots de bain à paillette et à la samba brésilienne, c’est peut-être tout simplement que la campagne de marketing de Rio de Janeiro a été plus percutante que celle de Québec.

Car côté fête et amusement, le carnaval de Québec n’a pas à rougir ! Ca draine d’ailleurs beaucoup de monde, on serait presque tenté de dire « trop de monde » quand on se retrouve scotché pendant plus d’une heure dans une file d’attente (ouf, seulement par – 6°, ça aurait pu être pire) pour faire la fameuse glissade géante de 120 m creusée dans la glace, ou le tout aussi délirant rafting des neiges.

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Entre le surréaliste ski-sur-chaise ou sur-fauteuil …

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Le bain chaud en plein air …

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Et les dizaines et dizaines d’activités diverses, on oublierait presque d’accorder aux nombreuses sculptures sur neige l’attention qu’elles méritent !

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Reste plus qu’à savourer -avec modération !- un bon p’tit caribou bien chaud (ou froid), version locale du vin chaud, sauf qu’ici, le vin rouge assez sucré est rallongé d’un alcool fort pour vous réchauffer les boyaux et le cerveau en un temps record !

Gym

Ici, quand elles font de la gym, les filles font du cheerleading (les très nord-américaines chorégraphies et pyramides humaines des pom pom girls), ou encore du tumbling (de la gym accrobatique sur trampoline). Pas de GRS, non non, on ne trouve quasiment aucun club de gymnastique rythmique dans toute la province.

Du coup, les filles qui en avaient pris leur parti ont cru rêver quand elles ont appris que Montréal accueillait ce week-end des épreuves du championnat du monde de gymnastique rythmique.

On avait bien fait de ne pas réserver (c’était plus cher) car les bancs étaient clairsemés, le public composé essentiellement des amies et familles des gymnastes, très peu de Québécois et 150 personnes à tout casser : rien à voir avec l’affluence habituelles pour la moindre prestation en patin à glace (et je ne parle pas du hockey).

Et pourtant le spectacle était sympa et les compétitrices de très bon niveau.

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Taberouette & co

Soyons clair, je n’ai pas encore adopté les jurons québécois dans mon quotidien, et je ne suis pas prête de le faire.

D’abord parce qu’on ne change pas comme ça ses habitudes en matières de jurons, venus du fond du coeur le plus souvent, immanquablement proférés dans une situation pénible : le bus qu’on rate à quelques secondes, la volée de neige sale que vient de vous envoyer une voiture pressée (du vécu ce soir !) … Un bon vieux « m… » , voire un bon gros « put… », ça fait très Français de France, mais ça fait du bien.

Ensuite parce que rien n’est plus ridicule qu’un juron québécois prononcé avec l’accent français pour faire son Québécois (pas vrai ?).

Mais tout de même; quelle variété dans les jurons, quel art dans les associations de jurons ! Y a pas à dire, la liste est bien plus longue que ce qu’on a en France. Et dans bien d’autres pays d’ailleurs. J’adore les entendre ponctuer les phrases, j’ai toujours une oreille aux aguets pour en capter un nouveau.

En sachant que mes préférés sont finalement les plus répandus : « taberouette », ou encore « tabernouche » pour les petites contrariétés, et « criss » pour les cas plus durs !

Une petite chose, encore : attention, ce qui sonne « beau », « sympa », à nos oreilles, peut cacher en fait une énorme grossièreté !  Ma fille a eu droit à son tout premier avertissement à l’école pour avoir proféré un « tabarnak » mal venu, avec un petit discours quel n’a pas vu venir sur le sacré etc. Eh oui !




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