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Archive mensuelle de novembre 2010

Noms composés

Hier, dans le bus, j’ai été témoin d’une conversation qui m’a fait sourire. Devant moi, une femme enceinte racontait à sa copine les difficultés que son conjoint et elle rencontraient à se mettre d’accord sur le nom de leur futur premier-né. Le nom de famille, pas le prénom !

En effet, petit éclairage au passage : au Québec, pour satisfaire au principe d’égalité entre les hommes et les femmes, chacun garde son nom de naissance, marié ou pas, et ce depuis 1981 (article 393 du Code Civil). Pour tout ce qui a un caractère un peu juridique, pas le droit de prendre le nom de votre mari, sauf si vous vous êtes mariés avant 1981. Ca s’applique pour toutes les femmes, même les immigrantes mariées sous un autre régime (l’égalité des sexes vaut pour tous les couples !). Pour les papiers officiels, carte Soleil, etc, j’ai donc retrouvé avec un sentiment bizarre mon nom de jeune de fille. Pour votre vie sociale, cependant, vous faites ce que vous voulez, nom de naissance ou nom du mari ou nom composé des deux, c’est vous qui choisissez.

Mes deux voisines d’en face, donc, passaient en revue les possibles solutions, et chacune y allait de sa petite anecdote. Dans le cas présent, l’homme et la femme portaient déjà deux noms, composés des noms du père et de la mère (c’était facile pour la première génération !).

Mais un enfant ne peut porter que deux noms, pas quatre (une chance) donc il leur fallait faire un choix. Sauf qu’ils ne savaient pas lesquels conserver, ni lequel mettre en premier. Elle voulait lui faire plaisir, mais elle voulait aussi faire plaisir à ses parents, et puis elle aimait mieux tel nom, etc. Surréaliste.

L’une a raconté qu’elle connaissait un couple qui avait donné le nom du père au garçon, le nom de la mère à la fille : super simple !

Dans certains cas, non évoqués hier, la situation doit se régler facilement compte tenu du nombre limité de patronymes et de la fréquence de certains noms de famille. A moins d’opter pour un Tremblay-Tremblay, Dion-Dion ou Côté-Côté !

 

 

Recherche d’emploi

Quand vous arrivez ici, même bien documenté, même ultra motivé et bien intentionné, il faut l’admettre : vous connaissez encore mal les us et coutumes réels qui régissent la recherche d’emploi ici. Et vous êtes encore dans vos schémas traditionnels, que vous le vouliez ou non.
Alors soit vous vous jetez tête la première dans le bassin en espérant flotter, soit vous prenez quelques conseils. Et vous avez de la chance, puisque vous ne serez pas tout seul sur ce coup-là, les organismes pour vous aider sont incroyablement nombreux. Comme je reçois pas mal de questions sur le sujet, je vais y aller à mon tour de mes petits conseils …

Premièrement, ne boudez pas la formation d’une semaine qui vous sera proposée par le Ministère de l’Immigration dès votre arrivée, celle qui a trait à l’adaptation au marché du travail.

Vous tomberez inévitablement sur des anciens un peu blasés qui vous diront que c’est du temps perdu, blablabla. Allez-y, ça reste global, c’est vrai (on ne vous aidera pas à refaire votre propre CV ici) mais vraiment, on apprend ou révise plein de choses sur la culture, la réglementation, la façon dont il faut s’y prendre. Comme partout, les intervenants sont de qualité variable, mais mon mari comme moi avons eu la chance d’avoir des « professeurs » extraordinaires (merci encore Marie-Line !). Et puis on rencontre d’autres immigrants, qu’on prend le temps de connaître puisqu’on se retrouve tous les jours pendant 7 jours, c’est sympa de voir les motivations de chacun à changer de monde. On découvre aussi une certaine incompréhension de vous voir quitter un pays beau, riche et respectueux des libertés …
Deuxième conseil : ne boudez pas non plus les clubs de recherche d’emploi, il y en a forcément un près de chez vous. Là aussi, certains amis qui vous veulent du bien vous diront peut-être que ça ne sert à rien, qu’ils sont nuls, patiti patata. Allez voir ! Ça dure trois semaines, mais ça vaut vraiment le coup.

Pour ma part (au club de recherche d’emploi de Brossard-Chateauguay), j’ai trouvé qu’ils étaient d’une très grande efficacité, avec le parfait équilibre entre théorie et pratique, et une méthode rigoureuse qui donne à l’évidence des résultats. Vous ne perdrez pas votre temps, garanti, et chose importante : ils respectent votre projet, ne cherchant pas à tout prix à vous placer pour augmenter leurs statistiques de placement. Leurs locaux restent à disposition par la suite si vous vous trouvez plus efficaces chez eux que chez vous, et ils assurent un suivi, basculant sur une aide individualisée si la panique vous gagne. Ils accueillent aussi bien des immigrants que des Québécois aussi, si vous le pouvez, préférez ces clubs aux clubs conçus spécifiquement et exclusivement pour les immigrants, type SFIM ou autre.

Troisième conseil : si vous en avez les moyens, faites-vous au plus tôt (même avant de venir si possible) un fichier qualifiés des entreprises qui vous intéressent : nom, adresse, numéro du standard, si vous les avez contacts précis et éventuels appuis chez eux. Pour ce faire, il existe beaucoup de sites en ligne (pour l’industrie, allez sur l’annuaire spécialisé de IC comme industrie du Canada, ou ICRIQ, comme industrie du Québec).

Puis appelez-les. Attention, ne grillez pas vos meilleures cartouches tout de suite, rodez votre méthode d’appel sur des entreprises qui vous attirent moins, puis allez-y, faites votre scénario d’appel (le club de recherche d’emploi vous aidera à le faire) et appelez plutôt que d’envoyer un courriel. Contrairement à ce que vous auriez en France, l’accueil qui vous sera fait sera au pire poli, au mieux intéressé. C’est la méthode des cold calls

Quatrième conseil : accordez-vous bien sûr du temps pour consulter les offres publiées, mais sans y consacrer trop de temps par jour. Si vous savez exactement ce que vous recherchez, tapez « indeed », il vous trouvera toutes les offres publiées partout partout partout avec vos mots-clé. Sinon, dressez-vous la liste des sites qui vont bien (outre les monster, workopolis et jobboom) : les sites spécialisés (exemple : isarta ou saint-amour-et-associés sont très « marketing-vente-communication »), les chasseurs de tête et agences de recrutement qui sont dans vos spécialités (vous les repérez facilement sur les jobboom & co). Vous envoyez votre candidature et surtout vous faites un suivi.

Cinquième conseil : réseautez, faites-vous connaître, faites savoir ce que vous recherchez (pas un un emploi : des contacts dans le domaine que vous visez, des informations sur le marché de l’emploi, sur le secteur d’activité x, etc !). Là aussi, vos méthodes d’approche vont s’affiner avec la pratique.

Voyez si vous copains et collègues de France n’ont pas des copains/cousins/collègues sur place (vous serez surpris, on connaît tous de près ou de loin quelqu’un qui est au Québec). Repérez les occasions de rencontrer des gens, les 5à7 (qui sont souvent des 6à8) pullulent, certains sont payants d’autres gratuits; les conférences (souvent payantes, hélas); les activités bénévoles; les clubs en rapport avec vos hobbies; les associations des anciens de votre école (si vous avez fait une grande école, il y a même une association des anciens des grandes écoles, l’AAGEFC); les trucs pour nouveaux immigrants français (l’Union française par exemple). Vous serez surpris du nombre de personnes que vous allez ainsi approcher.

Dernier conseil : donnez-vous du temps, vous aurez peut-être de la chance mais franchement, il n’y a pas de raison qu’au départ, les choses aillent beaucoup plus vite qu’en France … En sachant que si vous avez vraiment besoin de bosser, du boulot il y en a, mais prenez-vous plutôt un job à mi-temps alors : j’ai rencontré un immigrant récemment qui s’était pris un job dans la restauration, tellement prenant et fatiguant que les années se sont écoulées sans qu’il y ait le temps de chercher le job qu’il visait au départ !

Bon courage !

 

Chiens et chats

A ma grande surprise, il y a ici comme dans tous les pays riches des dizaines de salons de toilettage pour chiens et chats, des petits supermarchés dédiés exclusivement aux animaux de compagnie, pas mal de publicité pour des cliniques vétérinaire. Lors de la folie de l’Halloween, on trouvait facilement des costumes pour petits et gros chiens. Les rayons des supermarchés regorgent de gadgets et nourritures pour chiens et chats

Ici : des chaussons comestibles pour chiens, (oh! ce que je voudrais voir la tête d’un chien équipé de ça !!!)

chaussonscomestiblespourchiens.jpg

 

En clair, de nombreux signes indiquant la présence de nombreux animaux de compagnie. Mais une question s’impose : où sont-ils donc ???

Car, super agréable au quotidien, en fait, on ne voit quasiment jamais de chiens et chats qui errent seuls dans les rues et jardins, et relativement peu de gens qui les tiennent en laisse non plus; pas une crotte sur les trottoirs ou les espaces verts; pas un poteau électrique maculé d’urine !

Pourtant, un sondage fait régulièrement par Léger Marketing pour le compte de l’Académie de Médecine Vétérinaire du Québec) évaluait en 2008 à 23% le pourcentage de foyers Québécois possédant au moins un chiens, grosso modo comme en France (j’ai en tête qu’on tourne là bas autour de 25%).

Bon, évidement, compte tenu d’une moindre population (7,7 millions dans un cas, 62 millions dans l’autre), ça fait une énOOOrme différence en nombre de petites bêtes : il y aurait 880.000 chiens au Québec contre 8 millions recensés par la France !

Ce qui est très surprenant, illustration parfaite de l’immense volonté des Québécois à vivre en bonne harmonie sans gêner le voisin, c’est que chacun semble relativement bien accepter de se conformer à des règlements très stricts pour limiter la gène que cela peut occasionner pour les autres. Mais qui restreignent pourtant beaucoup l’espace de vie et la liberté des chiens ou chats.

Ainsi, officiellement (certains, peu nombreux, bravent tout de même l’interdit), pas le droit de se promener avec son chien dans les nombreux parcs ou sur les pistes cyclables : je n’ai pas vu un seul lieu public qui autorise leur présence. Et tout contrevenant étant rapidement rappelé à l’ordre, les règles sont bien respectées.

Ils ont droit exclusivement au jardin de leur propriétaire (pas celui du voisin, gaffe !) et aux parcs à chiens qui leur sont réservés. Et attention : si et seulement si le maître s’est inscrit au préalable. C’est gratuit pour les résidents, cher (> 100 $) pour les non résidents, le tout entretenu par des bénévoles.

Autre surprise de taille pour quiconque se promène ici, c’est que tout accompagnateur de chien de promène de lui-même avec son stock de sacs plastiques spécial déjection (j’ai vu très peu de distributeurs de sacs). Clairement ils n’attendent pas (et n’obtiendraient pas) que la collectivité finance moto-crottes et sacs à déjection.

Belle logique, si la SPA (Société Protectrice des Animaux) en France vit surtout (je crois ?) grâce aux dons, ici c’est l’organisme mandaté par les municipalités pour percevoir les frais d’une licence annuelle (25 à 35 $ a priori) que paie chaque propriétaire pour avoir le droit de détenir un animal de compagnie.

 

Fin d’automne

Presque la fin de l’automne.

C’est l’évidence, tout le monde se prépare activement à l’installation de l’hiver (déjà là ou presque dans l’est du pays, puisque la neige s’est gentillement mais sûrement installée là-bas). Les garagistes installent les pneus d’hiver à tour de bras; les trottoirs et entrées de maison ou de cour sont désormais signalés par de hauts poteaux de bois (un bon mètre, ça laisse présager des hauteurs de neige qu’on peut avoir); les parcs nationaux ont fermés les kiosques extérieurs, le parc des Îles-de-Boucherville a sorti de l’eau son bac qui permettait de passer d’une île à l’autre; les écureuils sont gras comme des cochons de lait. Et pour bien nous préparer à ce qui nous attend, chacun y va de sa petite anecdote sur les rigueurs de l’hiver !

En tous cas, quel automne ! : mise à part quelques bonnes averses que les routes ont bien du mal à évacuer (il ne fait pas bon alors être piéton, j’en ai fait l’expérience : littéralement douchée par une voiture passée un peu trop vite dans une immense et profonde flaque d’eau), on aura eu majoritairement un magnifique ciel bleu, une luminosité incroyable et une fraicheur sèche et vivifiante. Un vrai bonheur.

Ca nous change des automnes bretons, qui même s’ils ne sont pas à la hauteur des clichés (il ne pleut quand même pas tout le temps, sacrebleu), sont tout de même plus gris, plus ternes, plus humides …

Nous voici gonflés à bloc, prêts pour l’aventure hivernale avec son grand H.

 

Moustachus

Loin des discours larmoyants et images choc habituels, un peu moins glamour peut-être qu’Adriana Karembeu pour la Croix Rouge,  j’aime beaucoup la stratégie mise en place par le comité de lutte contre le cancer de la prostate, au Canada et dans plusieurs autres pays anglophones : Movember.

En découvrant ça maintenant, j’ai quelques années de retard puisque cette initiative sympathique et apparemment efficace pour récolter des fonds et mettre un coup de projecteur sur la cause qu’elle sert (2,4 millions en 2008) existe depuis 2003.

Movember, donc, c’est « mo » comme moustache et « vember » pour novembre. En clair, du 1er au 30 novembre, les hommes volontaires pour s’impliquer dans la lutte contre le cancer de la prostate se laissent pousser la moustache, avec autant d’inventivité que si possible quant au design de celle-ci. Attention : il faut être rasé de près le 1er, pas de triche ! Vous vous inscrivez, devenant ainsi collecteur potentiel de dons auprès de vote entourage. Prix à gagner en bonus pour les meilleurs collecteurs, la meilleure récompense restant d’avoir fait sourire les copains et amuser les filles ! Et de se tester un nouveau look !
Si vous n’avez pas la chance d’être ici et de côtoyer un « Mobro », allez donc jeter un coup d’oeil sur le site officiel de Movember, ils sont plusieurs à exposer leur éphémère trombine à moustache.

Dommage, ça n’a pas encore touché la France … mais ne se prend-on pas un peu trop au sérieux là-bas pour que ça puisse marcher ?

Bénévolat

Dès notre arrivée, sitôt la phase « installation » achevée, j’ai eu envie de m’impliquer dans une activité bénévole. Rejoignant ainsi des milliers de Québécois, lesquels valorisent fortement le bénévolat.

Une façon, bien sur, de connaître du  monde, de me créer des occasions de rencontres avec des Québécois plutôt que des gens de ma communauté naturelle, à savoir des français immigrés de fraîche ou de longue date.

Également un bon moyen de se faire un peu de à l’âme, et de tirer partie de mon temps libre faute de travailler encore (mais en espérant bien continuer après si possible). Une façon aussi de continuer se former sur le plan personnel (pratiquer son anglais, etc).

Un truc génial, ici, c’est la facilité à se trouver des activités bénévoles une fois que l’idée vous trotte dans la tête. Les techniques de recrutement de bénévoles ont une très nette longueur d’avance sur ce que j’ai pu voir en France. Ils se sont mis un jour à la place d’un futur bénévole, c’est sur !

Bien sûr, à Rennes aussi, il existait une association (bénévolat 35) chargée de réunir les uns et les autres, je pense qu’il en existe un peu partout. Mais il fallait nécessairement se déplacer, rencontrer quelqu’un; trop lourd quand vous n’êtes pas trop sûr d’avoir envie, quand vous vous demandez ce qui peut vous être proposé …

Ici, donc, sur la rive sud, un site (www.benevolatrivesud.qc.ca) recense pour vous toutes les associations, tous les jobs possibles, toutes les formes envisageables (une fois par semaine ? de manière très temporaire ? tous les jours ? au sein  d’un groupe ou pas ?), tous les publics (les jeunes ? Les enfants ? les vieux ? les pauvres ? les animaux …). On trouve un site similaire sur Montréal (CABM : centre d’action bénévole de Montréal).

Vous faites votre marché, en quelque sorte, puis une fois les idées claires sur ce que vous voulez faire, vous contactez les associations pour aller un peu plus loin. Et commencer si affinité.

Autre plaisir : on trouve des gens de tous âges et de toutes professions parmi les bénévoles, pas uniquement des jeunes étudiants ou des retraités. Enfin, je suis bluffée par l’implication incroyable (j’en connais un qui, les jours où il travaille, vient sur son temps de pause !) et la bonne humeur des autres bénévoles.

C’est bon, tout simplement !

 

 

 

Bonne conduite

Le premier trimestre arrive déjà à son terme, les bulletins commencent à être communiqués aux familles, classique. Petite surprise pour nous, par contre, alors que les copains français alignent cinq jours de pont pour cause de 11 novembre : l’école primaire des filles avait organisé hier après-midi des activités-récompenses. Je ne sais pas si c’est une habitude de cette école en particulier ou des écoles en général, mais j’ai trouvé ça plutôt sympa.

Pendant un peu moins de deux heures, après la récréation de l’après-midi, les élèves qui avaient un carnet de bonne conduite vierge étaient invités à participer à des activités ludiques, tandis que les autres (les bavards, les constamment en retard, les insolents, etc), se regroupaient, les malheureux, dans la bibliothèque pour des exercices scolaire sous la surveillance d’un professeur.

Les activités récompense ont été définies quelque temps auparavant par le conseil des élèves, récemment élu par l’ensemble des élèves. Concernant le conseil des élèves, notons que ces élections furent organisées dans un grand souci de démocratie, chaque postulant témoignant de son engagement par un petit discours devant les autres enfants, petite période de lobbying où chacun fait un peu de propagande pour son préféré, celui qui est dans sa classe le plus souvent, puis vote à bulletin secret et respect de la décision collective, le tout étant pris très au sérieux par tout ce petit monde.

Parmi les activités récompense, on trouvait des jeux de mimes, des rébus ou des charades à résoudre, des séances d’échec, etc.  Chaque classe était le théâtre d’une activité, laquelle était annoncée sur la porte.  Au top départ, les enfants passaient devant chaque classe et s’inscrivaient (premiers arrivés premiers servis, le risque de trop hésiter étant de trouver la mention « complet » sur la fiche). A un moment,  chaque enfant était invité à changer d’activité, dans un joyeux brouhaha.

Au final, beaucoup de satisfaction à voir sa bonne conduite reconnue, et un réel plaisir à vivre ces activités avec des professeurs qu’on connait moins, dans des classes qu’on ne connait pas. J’imagine que les professeurs ont aimé aussi …

Quant à ceux qui travaillaient, ils auront trouvé là une motivation à mieux faire le trimestre suivant !

Ados au boulot

Conseillère bénévole dans cette formidable association qu’est »Jeunes Entreprises du Québec » (je vais faire un petit article sur le bénévolat un de ces jours, tiens), je côtoie des jeunes de 16-17 ans, encore au secondaire.

Au travers de nos échanges, j’ai pris conscience d’un truc qui me sidère positivement : presque tous ont déjà un, voire deux jobs rémunérés ! Même dans les familles dans lesquelles les parents auraient de quoi offrir des ponts d’or à leurs gamins, et qui plus est dans les familles un peu ric-rac au niveau budget, chacun est responsabilisé très tôt.

Tu veux un cellulaire ? Tu veux le tout dernier i-pod ? Tu te le paies !

En fait, la société Québécoise tout entière encourage le  travail des jeunes, il n’y a d’ailleurs plus d’âge limite en deçà duquel on ne peut légalement faire travailler un mineur. Attention, il existe certaines dispositions dans la loi sur les normes du travail  qui encadrent les choses, on les protège tout de même des abus!

Du coup, ils n’ont aucun mal à trouver des petits jobs à temps partiels : commerce de détail, supermarchés, restauration, stations de ski … Je suis tombée sur un statistique un peu ancienne (2002à du gouvernement qui fixait le taux d’activité des jeunes de 15 à 24 ans à 66%, et ce taux aurait encore progressé ces dernières années (effet crise mais plus encore besoins croissants pour se payer les trucs à la mode).

Résultat : à la différence de leurs homologues français (une grande majorité du moins), ils ont très tôt des expériences professionnelles à afficher sur un CV, comprennent très tôt la valeur de l’argent et de l’effort à fournir pour en gagner. Le monde de l’entreprise est totalement démystifié, avec ses bons et ses mauvais côtés. Ils apprennent à s’organiser (obligatoire quand tu fais 30 heures de travail hebdomadaire en plus de tes études). Ils décident mieux de leur avenir, également, comprenant mieux ce que fait un comptable, marketeur ou webmaster. Ceux que je côtoie savent déjà, à 16 ans, si ils veulent aller dans la vente, les ressources humaines ou faire médecine, je crois rêver !

S’ils sont comme partout inquiets de leur avenir, soucieux du regard des autres, ils acquièrent de toute évidence, en travaillant si tôt à temps partiel, une maturité et une estime d’eux-même sans commune mesure avec ce que j’ai pu connaître jusque là.

 

Le Québec via ses films

Au tout début de la démarche d’immigration, après que les séjours d’été m’aient donné le goût de ce pays, j’ai essayé de découvrir le Québec par le petit écran, via des films de réalisateurs Québécois. Problème : je ne suis pas du tout cinéphile (manque de temps !), j’étais presque qu’incapable de citer un seul titre.

Après avoir perdu beaucoup de temps sur la toile, vu des navets ou des films sympas mais sans grand intérêt au regard de mon objectif (avoir des aperçus du Québec), voici mes 10 films préférés, pour leur éclairage intéressant.

Et un conseil : pas la peine de multiplier les sites internet pour faire vos recherches, allez juste voir le blogue de Charles-Henri Hamond, bien nommé  » filmquebec.over-blog.com « . Il m’a bien aidé : ce gars-là passe son temps à ficher scrupuleusement tous les films Québécois, il les commente, vous met l’affiche, tout ! C’est tout juste s’il ne vous les loue pas !

Ceux que j’ai aimé, donc :

1 – LA GRANDE SÉDUCTION

(2003 – Réalisateur : Jean-François Pouliot) : pour comprendre un peu mieux la problématique des zones rurales

L’histoire : Sainte-Marie-la-Mauderne (en fait, Harrington Harbour) est un petit village de 120 habitants situé en Basse-Côte-Nord, accessible uniquement par mer ou par air. L’industrie de la pèche ne fait plus vivre ses habitants, contraints de vivre aux crochets de l’aide gouvernementale ou de fuir vers la ville. Une usine pourrait s’implanter dans le village, mais le projet menace de capoter faute de médecin dans le village. Les habitants vont tout faire pour convaincre un jeune médecin de Montréal de s’installer chez eux.

2 – BON COP, BAD COP

(2006 – Réalisateur : Eric Camuel) : pour mieux appréhender la dualité francophone/anglophone du Québec

L’histoire : deux policiers, l’un Québécois, l’autre de l’Ontario, doivent unir leurs forces et dépasser leurs différences pour résoudre un meurtre après qu’un cadavre ait été trouvé au beau milieu de la frontière entre les deux provinces. Ils sont tous les deux bilingues, mais l’un parle un français international tandis que l’autre joue avec les expressions typiquement québécoises.

3 – C.R.A.Z.Y

(2005 – Réalisateur : Jean-Marc Vallée) : les crises identitaires du Québec via la vie d’une famille sur deux générations, des années 60 aux années 80

L’histoire : Zac, 4ème garçon sur 5, vient au monde en 1960 dans une famille sans histoire de la classe moyenne. Il raconte son histoire, prêt à tout pour ressembler à ses frères et gagner l’admiration de son père. Quitte à renier sa vraie nature.

4 – 15 FEVRIER 1839

(2001 – Réalisateur : Pierre Falardeau) : une page d’histoire et un aperçu intéressant sur les rêves d’indépendance

L’histoire : les 24 dernières heures de deux patriotes canadiens condamnés à mort après les insurrections de 1837-38 …

5 – SERAPHIN, UN HOMME ET SON PECHE

(2002 – Réalisateur : Charles Binamé) : la vie d’une femme dans les Laurentides à la fin des XIXème siècle

L’histoire : le maire de Saint-Adèle, un homme avare et sans scrupule, épouse Donalda après que le père de celle-ci, acculé à la faillite et incapable de payer ses dettes, le lui donne en mariage. Donalda, malgré son amour pour Alexis, accepte d’épouser Séraphin pour sauver l’honneur de son père et sauver les siens.

6 – LE FESTIN DES MORTS

(1965 – Réalisateur : Fernand  Dansereau) : réflexion sur l’héritage religieux du Québec et un aperçu de l’hiver avec un grand H

L’histoire :  en 1635, voyant leur village décimé par la maladie et la famine, des Hurons décident de se venger sur les jésuites qu’ils détiennent. Croyant sa dernière heure arrivée, le plus jeune des jésuites se rappelle son arrivée avec Champlain quelques années auparavant et s’interroge sur son action et son engagement religieux.

7 – LE DÉCLIN DE L’EMPIRE AMÉRICAIN

(1986 – Réalisateur : Denys Arcand) : l’un des films Québécois les plus connus hors Québec, les aspirations et réflexions sur la vie de huit trentenaires, catégorie bo-bo

L’histoire : quatre hommes et quatre femmes prévoient de passer le week-end ensemble dans une maison de campagne. Pendant que les hommes préparent le repas, les femmes font de la gym ensemble. Avant les retrouvailles, ils échangent sur leurs vies, leurs moeurs sexuelles; les discussions se poursuivent ensuite dans la maison de campagne.

8 – LES BOYS

(1997 – Réalisateur : Louis SAIA) : eh, ça parle de hockey, impossible de passer à côté !

L’histoire : les aventures sympathiques d’une équipe de hockey amateurs. Je n’ai vu que celui-ci, mais trois autres ot suivi.

9 – LA GUERRE DES TUQUES

(1984 – Réalisateur : Robert Mélançon) : l’hiver, l’amitié

L’histoire : un film pour enfants (et plus grands), dans lequel deux bandes d’enfants s’affrontent autour d’un château de neige.

10 – MARIA CHAPDELAINE

(1983 – Gilles Carle) : la vie dans la région Saguenay-Lac-Saint-Jean au début du siècle

L’histoire : celle de Maria, promise en mariage à un voisin, Eutrope Gagnon, éprise de François Paradis, un bûcheron aventurier et à la réputation de mauvais garçon, tandis qu’un 3ème soupirant hésite à repartir vers les États-Unis après l’avoir rencontrée.

 

Fromages

Comme prévu, dans les rayons des supermarchés, on trouve principalement les incontournables cheddar et Philadelphia. Pas forcément mauvais, mais …

Ce sont d’ailleurs les seuls produits fromagers qui sont déclinés en « marques privées » (traduction de « private labels », nos MDD ou marques de distributeurs) et pour lesquels le prix au kilo reste raisonnable. Les autres, les « vrais », sont dans des bacs spécifiques ou à la coupe, cantonnés dans la partie « traiteur » des magasins, et affichant des prix au kilo qui donnent le tournis (30, 40, 50 $, j’ai même vu hier un bleu à 80 $ le kilo).

Sauf que les choses changent.

Des fromageries de quartier ou encore des espaces dédiés dans ces fruiteries dont j’ai parlé un jour fleurissent un peu partout, beaucoup semblent assez récentes. Et en cherchant bien, on y trouve régulièrement des prix spéciaux (moins de 20 $ le kilo) qui permettent d’avoir un plateau de fromage qui ressemble à un plateau de fromage, pour un budget pas si éloigné que ça de ce dont on avait l’habitude.

Toute jeune encore, l’industrie de fromage Québécoise commence à s’organiser. Des festivals du fromage se montent (principalement durant la saison estivale, on les a donc tous ratés cette année, mais rendez-vous est pris pour les prochains !). Des sites internet expliquent comment le déguster, le cuisiner. Même les couloirs du métro étaient couverts d’affiches sur le fromage ces derniers temps.

A noter que la stratégie adoptée ressemble fort à ce qui a été fait pour le vin : le fromage est positionné comme un produit haut de gamme, on insiste sur le goût (on promeut avant tout les « fromages fins » du Québec), on mise sur l’éducation du consommateur, etc. A titre d’exemple, un récent concours (Selection Caseus, en Septembre) a récompensé pour la 12ème année les meilleurs fromages du Québec : étaient vantées les notes « noisette » de tel fromage fermier au lait cru, les notes torréfiées de tel autre …

Bref, si vous ne venez pas au Québec parce que la séparation avec votre brie préféré sera trop douloureuse, réfléchissez : on peut manger du bon fromage au Québec sans forcément engloutir une large part de son budget alimentaire !

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